MOIS DES FIERTÉS :  LES MOUVEMENTS POUR LES DROITS DES LGBT ON COMMENÇÉ ICI ET EN EUROPE !

MOIS DES FIERTÉS : LES MOUVEMENTS POUR LES DROITS DES LGBT ON COMMENÇÉ ICI ET EN EUROPE !

MOIS DES FIERTÉS : 

LES MOUVEMENTS POUR LES DROITS DES LGBT ON COMMENÇÉ ICI ET EN EUROPE !

« Les droits des hommes résultent uniquement de ce qu'ils sont des êtres sensibles, susceptibles d'acquérir des idées morales, et de raisonner sur ces idées ; ainsi les femmes ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ; et celui qui vote contre le droit d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès-lors abjuré les siens. »

Condorcet, 1790

Contrairement à l’idée largement répandue, les mouvements pour les droits des LGBT n’ont pas vu le jour aux USA.

Dans la France de l’Ancien Régime, la sodomie était passible de la peine de mort. C’est la Révolution française qui décriminalisera les relations homosexuelles dès 1791. 

Mais le chemin sera encore long et difficile pour un vrai changement des mentalités. 

En France il y a à peine 40 ans que l'homosexualité n'est plus officiellement considérée comme un « fléau social ».

En 1942, pour la première fois depuis la Révolution, une loi introduisant une discrimination fondée sur le sexe des partenaires est adoptée, portée par l'amiral Darlan, ministre du gouvernement de Vichy. 

Le Maréchal Pétain signe ce texte de loi portant la majorité sexuelle pour les actes hétérosexuels à 15 ans et à 21 ans pour les actes homosexuels, discriminant de facto l'homosexualité. Dans les faits Vichy, par des discours de défense de la morale et de l’ordre public, attise la haine, ça se traduira par une violence exercée par toute la société au quotidien sur les homosexuels.

8 février 1945, en France, la continuation de l'ordre « moral » ambiant a permis à la loi de 1942 de faire partie des textes maintenus par le Gouvernement de la Libération. 

Le 18 juillet 1960, sous le Président De Gaulle, l'amendement du député de la majorité UNR (Union pour la Nouvelle République) de la Moselle, Paul Mirguet, classe l'homosexualité comme « fléau social » et donne au gouvernement le droit de légiférer par décret pour la combattre.

Dans les années 1950 et 1960, le principal leader du mouvement homosexuel, André Baudry, avait lancé la revue homosexuelle Arcadie en 1954, elle était vendue à plus de 10 000 exemplaires par mois (30 000 d’après Baudry). Ce mouvement « homophile », rejette le terme « homosexuel » car, selon eux, ce dernier met plus l’accent sur le sexe que sur l’amour.

En 1968, la France, adopte la classification de l'OMS classant l'homosexualité dans les maladies mentales.

Au Royaume-Uni, l’Homosexual Law Reform Society œuvre, à partir de 1960, pour la dépénalisation de l’homosexualité (obtenue pour l’Angleterre et le pays de Galles en 1967).

On peut dire que le premier mouvement militant en France est le Comité d’action pédérastique révolutionnaire (CAPR), qui fut créé, pendant l’occupation de la Sorbonne en 1968.

Leur manifeste reste un document historique de première importance pour l’histoire du mouvement homosexuel contemporain. Il ose soulever le sujet de l’homosexualité et chercher à en faire une question digne d’être prise au sérieux par les débats politiques et sociaux d’alors. 

Le CAPR ne résista pas à l’évacuation de la Sorbonne et à l’incompréhension d’une grande partie des occupants. 

La création, en 1970, de ce qui sera en France le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) est due à l’initiative d’un groupe de lesbiennes, rejointes par des hommes homosexuels à partir de février 1971.

L’épisode déclencheur du mouvement de libération gay eut lieu en direct à la radio. Le 10 mars 1971, ce groupe composé majoritairement de lesbiennes, intervient avec vigueur dans l’émission de Ménie Grégoire, salle Pleyel (retransmis sur Radio Luxembourg), dont le thème est « L’homosexualité, ce douloureux problème »… Cet événement du 10 mars marquera un nouveau départ pour le militantisme homosexuel en France.

Le 23 avril 1971, le magazine « Tout ! » dirigé par Jean-Paul Sartre, publie un numéro coordonné par Guy Hocquenghem intitulé « Libre disposition de notre corps ». Deux autres périodiques, aux vies assez éphémères, ont été publiés à ce moment là (Le fléau social et L’antinorm, tous deux entre 1972 et 1974). 

Le Fhar publie la même année le « Rapport contre la normalité » qui sera son manifeste. 

Cinquante membres du FHAR furent aussi les premiers homosexuels et lesbiennes à manifester publiquement en France : en 1971, ils se joignirent aux syndicats et aux partis politiques pour le traditionnel défilé du 1er mai à Paris (mais de nombreux membres des partis étaient opposés à leur présence lors de la fête du travail) ce qu’ils ont continué à faire, malgré tout,  jusqu’en 1977. 

La première vraie marche nationale aura lieu le 4 Avril 1981, après quoi les militants gays ont préféré organiser leur défilé de la « Gay Pride » fin juin, devenu ensuite et jusqu’alors « Marches des fiertés ». 

La presse homosexuelle a également connu un essor au cours de ces années-là, notamment avec le « Gai Pied » de 1979 à 1992, et a servi à promouvoir un nouveau « style de vie ».

Mai 1981, l'élection à la présidence de la République de François Mitterrand conduit donc la nouvelle majorité à adopter successivement deux projets de loi, la loi pour les amnisties concerne à la fois les outrages publics à la pudeur qui étaient jusqu’alors aggravés pour homosexualité et les actes contre nature avec un mineur de dix-huit ans.

Le 12 juin 1981, En France, l'homosexualité ne figure plus dans la liste des maladies mentales.

En 1982, la proposition de loi, adoptée devient la loi du 4 août 1982. C’est le retour, à la situation d'indifférence légale à l'égard de la sexualité, qui avait prévalu de 1791 à 1942.

L'Organisation Mondiale de la Santé ne supprimera l'homosexualité de la liste des maladies mentales que le 17 mai 1990, date qui sera retenue pour la commémoration de la journée internationale contre l'homophobie.

Le 13 octobre 1999, après plus d'un an de procédure, l'Assemblée adopte en dernière lecture la loi sur le PACS (Pacte civil de solidarité) . 

Autre avancée majeure, la loi du 16 novembre 2001 et de nombreuses dispositions des autres codes, incriminent les manifestations homophobes. Bref, l’homophobie devient un délit passible de poursuites… 

 

En avril 2013, notre pays devient le 14e du monde à autoriser le mariage entre personnes de même sexe. La Manif Pour Tous, a réuni dans un même camp, la droite parlementaire et l’extrême-droite, les conservateurs, les intégristes, des familles et des hommes et femmes  de foi. La mobilisation de la MPT n’aboutira pas.  Avec la loi promulguée sur le mariage pour tous, la France est devenue le 9e pays européen et le 14e pays au monde à adopter ce type de loi.

Mais ces avancées dans certains pays ne doivent pas cacher le fait que l’homosexualité reste  réprimée par la loi dans 69 pays du monde. 

Certains pays considèrent explicitement les relations entre adultes de même sexe comme un crime. 

D’autres États mentionnent dans leurs textes de loi des « actes contre-nature », ou « immoraux », laissant la place à l’arbitraire des juges. Les peines encourues peuvent aller d’amendes à la prison, en passant par des « thérapies » de « guérison » forcées, des coups de fouet.

La peine de mort est la sanction prévue par la loi en cas de relations sexuelles entre adultes de même sexe dans cinq pays : l’Arabie saoudite, le Brunei, l’Iran, la Mauritanie, le Nigéria et le Yémen. 

Il faut ajouter six pays (l’Afghanistan, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Pakistan et la Somalie) qui pourraient recourir à la peine de mort, sans, pour certains, que cela soit explicitement mentionné dans la loi. 

En Europe,  le parti hongrois du pouvoir, le Fidesz, a  fait adopter, un texte interdisant la «promotion» de l'homosexualité auprès des mineurs. Le gouvernement souverainiste de Viktor Orban multiplie les restrictions visant les LGBT

En Russie, en 2013, une loi interdisant le “prosélytisme homosexuel auprès des mineurs” a été votée. Depuis, le Kremlin et les milieux conservateurs du pays, multiplient les actions pour renforcer les « valeurs morales traditionnelles »…

En Pologne Le gouvernement conservateur du PiS et les personnalités politiques du parti, n’hésitent pas à qualifier publiquement la communauté LGBT de « peste arc-en-ciel » et de « menace pour la nation ». Ils tentent désormais de protéger «  l’identité chrétienne  » de la nation polonaise en créant des zones « LGBT free » (sans LGBT) à travers le pays.

En Tchétchènie, une « purge anti gays », faite d’enlèvements, de tortures et d’assassinats, a été menée à vaste échelle au printemps 2017, parfois avec la complicité des familles, dans une société hyper traditionnelle. Pour le chef de l’état, Ramzan Kadyrov, il ne suffit pas de faire fuir les gens hors de la région, il faut encore les pourchasser au-delà des frontières.

Comme on le voit les droits acquis sont très fragiles et peuvent être remis en question du jour au lendemain.

Plus que de la tolérance : du respect !

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